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Santé : un médicament vendu en Algérie gravement mis en cause en France


La prescription de la Depakine, (ou valproate de sodium) fait une nouvelle fois l’objet de critiques en France. D’après le journal français Le Canard enchaîné, qui cite une étude menée par la Caisse primaire d’assurance maladie et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), ce médicament aurait été prescrit à « 10 000 femmes enceintes entre 2007 et 2014 », dans le pays.
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Pourtant, la prise de cet antiépileptique pendant la grossesse serait à l’origine de malformations congénitales et des troubles neuro-développementaux chez l’enfant, des effets qui sont connus depuis les années 80. L’APESAC, une association venant en aide aux parents d’enfants atteints de syndrome de l’anticonvulsivant, estime qu’il y aurait déjà 30 000 victimes depuis le début de sa commercialisation en France en 1967.

D’après un rapport demandé par le ministère français de la Santé et publié en mars 2016, l’antiépileptique aurait été à l’origine de « 450 cas de malformations congénitales », entre 2006 et 2014.


Le médicament est bien prescrit et vendu en pharmacie, a-t-on constaté dans plusieurs officines en centre-ville d’Alger. « J’en ai vendu le mois passé. C’était pour une jeune fille qui n’est pas mariée », précise un pharmacien. « Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais reçu d’ordonnances avec une telle prescription pour une femme enceinte. Mais c’est le médecin qui décide », explique-t-il en indiquant ne pas être au courant de la contre-indication destinée aux femmes enceintes.

« De par mon expérience personnelle et professionnelle, je le vois très rarement prescrit chez la femme et même pas chez la femme enceinte. La plupart du temps ce sont pour des jeunes hommes ou bien des jeunes filles qui ne sont pas mariées », explique à TSA, Messaoud Belambri, président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO). Selon le responsable, d’autres antiépileptiques qui ne sont pas des génériques du Depakine sont utilisés. « S’il y a une alerte en France, cela suivra en Algérie. (…) Si c’est le cas, ce sera difficile de situer, localiser et d’évaluer ou donner des chiffres », explique Messaoud Belambri, en évoquant le nomadisme des patients et les difficultés en termes de suivi médical.

« La règle d’or, c’est qu’une femme enceinte ne doit pas prendre de médicaments. On évite car il n’y a pas un médicament qui ne dépasse pas la barrière placentaire », conclut Messaoud Belambri.

Contacté par TSA, Sanofi Algérie n’a pas encore répondu à notre demande.