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Sites de conseils médicaux : des médecins craignent une «ubérisation» de la santé

20/05/2016

Les plateformes de conseils médicaux émergent progressivement sur la toile. Un phénomène qui questionne le Conseil national de l’Ordre des médecins.



« mesdocteurs.com » ou encore « ledocteur.fr », plusieurs sites destinés à prodiguer des avis médicaux ont vu le jour ces derniers mois. L’un des plus récents, « deuxiemeavis.fr », une plateforme lancée en décembre 2015 sur laquelle des personnes atteintes de pathologies lourdes peuvent obtenir un second avis sur le diagnostic déjà établi par leur médecin en transmettant l’ensemble de leur dossier médical. Prix de la prestation  : 295 euros.

Des plateformes pour « démocratiser l’accès à l’expertise »

Les créatrices du site «  Deuxième avis  » justifient leur démarche par la volonté de démocratiser l’expertise médicale, « trouver rapidement un médecin expert de sa maladie est encore trop souvent le privilège de quelques-uns, qui bénéficient d'un bon réseau médical. », expliquent-elles dans une lettre ouverte.
Auparavant responsables d’un site de vente de vêtements, les trois fondatrices défendent leur plateforme avec pragmatisme  : « Deux avis valent mieux qu'un », c'est du bon sens qui s'applique aussi à la santé ! ». Pour ces chefs d’entreprise la double expertise permettrait aussi d’éviter parfois des opérations lourdes pour les patients.
Mais ce nouveau venu dans le marché de l’e-santé a suscité des réactions d’indignation dans le monde médical et a conduit le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) à se pencher sur ce phénomène. Quelques semaines plus tard, l’Ordre rendait son verdict.

Éviter les dérives

Loin de tirer à boulet rouge sur ces plateformes médicales, le CNOM , s’interroge tout de même sur ces sites et demande à ce que la législation encadre davantage la télémédecine.
Des prestataires privés ou des assureurs sont souvent à l’origine de ces services de conseils médicaux. Pour éviter les dérives commerciales et assurer une prestation de qualité, l’Ordre préconise de créer des contrats entre ces entreprises et les Agences Régionales de Santé (ARS) afin que les règles déontologiques soient respectées.
Les tarifs opérés par ces sites posent également question. Interrogé par nos confrères de France Info, le vice-président du CNOM Jacques Lucas pointe du doigt une ambiguïté  : un médecin contacté par téléphone par un patient « ne peut pas prendre d'honoraires, c'est interdit [...] or, sur la plateforme, le médecin qui va vous apporter une réponse, lui, peut être rémunéré ». L’Ordre réclame donc que ces prestations soient encadrées par l’Assurance maladie et envisage même la création de forfait dans le cas de pathologies longues.