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Rétinopathie diabétique et maladie cardiovasculaire : une association mieux quantifiée


16 Mai 2016
Les complications du diabète affectent aussi bien la microcirculation que le système cardiovasculaire dans son ensemble. La rétinopathie diabétique (RD) est emblématique de la micro-angiopathie, mais elle est aussi un témoin de la sévérité de la maladie et de son retentissement artériel, notamment au travers de la maladie cardiovasculaire (MCV). Les liens entre cette dernière et la RD sont d’ailleurs connus de longue date, mais établis de manière plutôt qualitative, leur quantification en termes de risques relatifs (RR) étant sujette à des variations considérables d’une étude à l’autre, pour de multiples raisons, le plus souvent méthodologiques. Les effectifs inclus peuvent être insuffisants, tandis que l’évaluation de la RD et la définition de la MCV sont potentiellement une source de désaccord.
Dans ces conditions, il convient de se tourner vers la littérature internationale, afin d’identifier et de sélectionner les études de cohorte, de préférence prospectives, pour les inclure éventuellement dans une méta-analyse. L’objectif est en effet de quantifier l’association entre RD et MCV, mais aussi de rechercher les facteurs qui la sous-tendent.
Les bases de données MEDLINE et EMBASE ont été utilisées à cette fin. Seuls ont été retenus les articles de haute qualité. Une méta-analyse à effets aléatoires avec inverse de la variance a été appliquée aux estimations propres à chaque étude et in fine regroupées selon la technique du pooling. Des analyses par sous-groupes ont été ensuite menées en tenant compte du type de diabète. Enfin, une hétérogénéité éventuelle entre les études a été systématiquement recherchée et ses causes ont été précisées par des analyses de méta-régression.

Un risque plus élevé dans le diabète de type 1

Au bout du compte, seules 13 études de cohorte prospectives ont été retenues. Elles ont regroupé au total 17 611 patients diabétiques indemnes de MCV à l’état basal. Au terme du suivi à long terme, 1 457 événements cardiovasculaires ont été dénombrés. Globalement, la RD définie selon des critères stricts a été associée à un risque relatif (RR) de MCV estimé à 2,42 (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,77-3,31). Le RR s’est révélé nettement plus élevé en cas de diabète de type 1, soit de 3,59 (IC :1,79-7,20), versus 1,81 (IC :1,47-2,23) dans le type 2. Une hétérogénéité entre les études n’a été détectée que pour le diabète de type1 et les analyses par métarégression ont révélé que son principal facteur explicatif était le niveau de la pression artérielle systolique basale.
En bref, cette méta-analyse confirme l’association significative entre RD et MCV et lui confère une base quantitative qui faisait partiellement défaut. C’est dans le diabète de type 1 que le risque relatif correspondant est le plus élevé. Cependant, l’existence d’une RD doit inciter à un contrôle particulièrement rigoureux de tous les facteurs de risque susceptibles de favoriser la MCV, quel que soit le type de diabète.
Dr Philippe Tellier
      RÉFÉRENCE
Guo VY et coll. Prospective Association between Diabetic Retinopathy and Cardiovascular Disease - A Systematic Review and Meta-analysis of Cohort Studies. J Stroke Cerebrovasc Dis, 2016 (8 avril). Publication avancée en ligne.