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L’angor réfractaire n’altère pas la fonction ventriculaire gauche

15 Mai 2016
On sait que des épisodes itératifs d’ischémie  ont des conséquences délétères sur le myocarde  du fait de la perte continue de myocytes ce qui a pour conséquence d’altérer la fonction ventriculaire gauche.
Or l’angor réfractaire représente, tout au moins théoriquement, une  condition idéale pour le développement d’une dysfonction  systolique.
Partant de ce constat, M. Slavich et coll. ont tenté d’évaluer, dans une étude rétrospective, l’évolution de la fonction ventriculaire gauche de 88 patients qui avaient consulté, entre 1999 et 2014, pour un angor réfractaire avec ischémie myocardique démontrée, malgré un traitement médical optimal, et chez lesquels une revascularisation n’était pas possible.
Dans tous les cas, la fonction ventriculaire gauche a été étudiée par échocardiographie.
La consommation de dérivés nitrés, le nombre des crises angineuses, leur heure de survenue,  leur durée, ont été précisément  notés. Vingt-quatre patients (27 %) avaient un angor depuis plus de 10 ans ; 20 (23 %) depuis 5 à 10 ans, 43 (49 %) depuis 1 à 5 ans et 1 (1 %) depuis moins de 1 an. La semaine précédant leur dernière consultation, 17 patients (19 %) avaient eu plus de 20 crises angineuses, 32 (36 %) de 10 à 20 crises, et 45 % des patients ont signalé jusqu’à 10 épisodes.

Une fraction d’éjection plus basse en cas d’antécédent d’infarctus

La fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) moyenne était de  44+/-2 %. La FEVG des sujets qui avaient des antécédents d’infarctus du myocarde était significativement plus basse que celle des patients qui en étaient restés indemnes (41+/-1,5 % vs 51+/-1,8 % ; p<0,0001).
Il n’a été retrouvé aucune corrélation entre, d’une part, la durée et le nombre des crises et, d’autre part, la FEVG, ni pour la totalité des patients, ni dans le seul groupe des malades qui avaient fait un infarctus du myocarde.
Chez les patients qui avaient des antécédents d’infarctus du myocarde, le nombre des crises angineuses n’était pas corrélé à la FEVG, mais la FEVG était plus élevée chez les patients dont l’angor durait depuis plus de 5 ans (FEVG si angor <5 ans : 37+/-1 % ; FEVG si angor >5 ans : 44+/-2 % ; p=0,02).
Ainsi, à long terme, la FEVG des malades qui ont un angor réfractaire est généralement préservée et la présence d’antécédents d’infarctus du myocarde est le seul facteur qui détermine le développement d’une dysfonction systolique. Des crises angineuses fréquentes, évoluant depuis longtemps, ne semblent apparemment pas associées à une détérioration de la FEVG.
Dr Robert Haïat
RÉFÉRENCES

Slavich M et coll. : Long-Term Preservation of Left Ventricular Systolic Function in Patients With Refractory Angina Pectoris and Inducible Myocardial Ischemia on Optimal Medical Therapy. Am J Cardiol, 2016 ;117 :1558-1561.