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Un lien inédit entre le diabète de type 1 et de type 2 mis au jour


Un défaut génétique commun dans certaines cellules pourrait être à l'origine des deux formes courantes du diabète, montrent les travaux de la Dre Sylvie Lesage, chercheuse à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, et de ses collègues.
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Le diabète est une maladie chronique qui ne se guérit pas, mais que l'on peut traiter et contrôler. La vaste majorité des personnes atteintes présentent l'un de ces deux types de diabète :

- de type 1, déclenché par l'auto-immunité dès l'enfance
- de type 2, causé par des troubles du métabolisme du foie, du muscle, et des tissus adipeux

Bien que le diabète soit une maladie généralement associée à des facteurs liés au mode de vie, comme l'obésité et le niveau d'activité physique, de plus en plus de travaux mettent en relief certains fondements génétiques importants. La présente recherche le montre une fois de plus puisqu'elle a permis de constater le rôle central de la génétique dans la survie des cellules bêta, qui fabriquent l'insuline.

Un tueur silencieux
Pas moins d'un adulte sur 11 souffre de la maladie, la moitié de ce nombre n'ayant même pas encore reçu son diagnostic. C'est pour cette raison que la maladie est souvent décrite comme un tueur silencieux.

Le diabète est causé par l'incapacité de l'organisme à faire baisser le taux de glucose dans le sang, processus régulé par l'insuline. Chez les patients atteints d'un diabète de type 1, c'est le système immunitaire qui tue les cellules bêta qui produisent l'insuline.

Chez les patients atteints d'un diabète de type 2, c'est un dysfonctionnement du métabolisme qui empêche l'insuline d'agir sur le foie.

Dans les deux cas, si le surplus de glucose dans le sang n'est pas traité, il peut entraîner bon nombre de problèmes, comme :

la cécité
les maladies cardiovasculaires
des complications rénales
des complications neurologiques
la mort
Lumière sur le lien génétique

Les chercheurs se sont penchés sur la manière dont les variations génétiques influent sur l'apparition du diabète. Les présents travaux ont permis de constater que les facteurs génétiques altéraient les cellules bêta qui produisent l'insuline.

Les chercheurs ont constaté que des souris possédant des cellules bêta fragiles incapables de réparer les dommages de l'ADN ont contracté rapidement le diabète.

D'autres rongeurs, possédant des cellules bêta robustes qui arrivaient bien à réparer les dommages de l'ADN, restaient non diabétiques toute leur vie.

En outre, les chercheurs ont constaté qu'une altération de ces mêmes processus de survie des cellules bêta et de réparation des dommages de l'ADN a également été constatée dans les échantillons prélevés chez les patients diabétiques.

Cela semble indiquer qu'une prédisposition génétique liée à des cellules bêta fragiles pourrait permettre de prévoir qui contractera le diabète.

Revoir les traitements du diabète de type 2?
Les traitements actuels du diabète de type 2 reposent sur l'amélioration de la réponse métabolique du foie à l'insuline. Ces médicaments antidiabétiques, combinés à des interventions axées sur le mode de vie, peuvent contrôler les premiers stades de ce diabète en permettant à l'insuline d'agir à nouveau sur le foie. Toutefois, dans les stades avancés, la mort des cellules bêta signifie qu'il n'y a plus aucune production d'insuline.

À ce stade, les médicaments antidiabétiques et les interventions quant au mode de vie sont peu efficaces, et des complications surgissent.

De là l'importance des résultats de la Dre Lesage dont les résultats sont porteurs d'espoir. Ils permettront pour la première fois aux chercheurs de tester des médicaments antidiabétiques ciblant la préservation des cellules bêta.