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40% des victimes d’erreurs médicales ont recours à la justice

28/04/2016
Un taux de 40 % des victimes d’erreurs médicales ont recours à la justice pour exiger un dédommagement où une prise en charge médicale, a révélé, jeudi à Blida, le secrétaire général de l'Organisation algérienne des victimes d'erreurs médicales.

"Parallèlement, un grand nombre de victimes d’erreurs médicales ne recourent pas à la justice, à cause de la longueur des procédures judicaires", a déclaré à l’APS, Aboubakr Seddik Mohieddine, en marge des travaux de la deuxième et dernière journée du colloque national sur "l’humanisation des hôpitaux en  Algérie... contraintes et solutions", abrité par l’université Ali Lounici d’El Affroune.
Il a fait cas, à ce propos, du recensement, depuis plusieurs années, de près de 20.000 plaintes en justice, à propos d’erreurs médicales, dont le jugement n’a pas encore été prononcé à ce jour. Sachant que l’organisation a reçu depuis 2011, plus de 1.400 plaintes relatives à des erreurs médicales, a-t-il ajouté.
Intervenant à ce propos, l'avocat Abdelkader Amimer a affirmé que l’absence de preuves dans ce cas, un dossier médical attestant de l’existence d’une négligence médicale, conjugué au rapport d’expertise, souvent, élaboré au profit du médecin concerné, "solidarité corporative oblige", "ne laisse pas d’autres choix au juge que de classer le dossier, ou au mieux prononcer l’innocence du médecin".
Me Amimer a également avancé l’absence de mécanismes judiciaires déterminant l’erreur médicale. "Nous sommes face à un vide juridique flagrant, pour pouvoir protéger les victimes d’erreurs médicales en Algérie, car il n’existe aucune mention d’erreur médicale, ni dans le code de procédures pénales ni dans celui des procédures civiles", a-t-il affirmé par ailleurs.
La sanction dans un cas d’homicide par négligence médicale varie, pour un médecin, entre six (6) mois à trois (3) ans, alors que dans le cas de blessures, il encourt une peine entre trois (3) mois à deux (2) ans, a-t-il fait savoir.
Il a, à ce titre, plaidé pour l’ouverture de sections au niveau des tribunaux pour juger ce type d’affaires, tout en appelant le législateur à organiser la responsabilité médicale de manière à protéger tant l’intérêt du malade, que celui du médecin.
Pour sa part, la parlementaire Samira Dhouafia a abordé les séquelles sociales des erreurs médicales, citant, entre autres, les pertes d’emplois ou encore la désintégration de la cellule familiale, qui poussent la victime de l’erreur médicale à l’isolement et la solitude, notamment dans les cas de handicaps permanents ou d’une perte d’un membre du corps.


Les femmes et les enfants sont les catégories les plus exposées au risque d’erreurs médicales, a ajouté cette parlementaire, soulignant l’enregistrement du plus grand nombre d’erreurs médicales au niveau des salles d’accouchement, ainsi que des services d’ophtalmologie, de chirurgie et d’hémodialyse.