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Vaccin contre l’hépatite B : quelle durée de protection ?



19 Mars 2016
La persistance de l’immunité après vaccination des nourrissons contre l’hépatite B (HB) est toujours en débat. Il a été démontré que le vaccin protège contre l’infection et aussi contre la maladie après disparition des anticorps neutralisants. 

Cependant, une méta-analyse récente suggère que 15-20 ans plus tard, l’immunité décline chez un tiers des individus dont le taux d’anticorps anti-HBs est tombé au-dessous du taux protecteur de 10 UI/L ce qui remet en question leur protection ultérieure. Aussi, il pourrait être légitime de faire un rappel au début de l’adolescence. La possibilité d’une réponse anamnestique est encore présente à cet âge selon plusieurs études mais celles-ci ont été conduites dans de strictes conditions de calendrier et doses ce qui n’est pas toujours le cas dans la pratique.

Une enquête allemande de terrain a rassemblé les données de 9 cabinets pédiatriques de Regensburg. En tout, 232 sujets ont été enrôlés 6 à 14 ans après une vaccination durant les 3 premières années, avec 3 doses de vaccin monovalent ou combiné A/B ou 3 ou 4 doses de vaccin hexavalent. Selon les modalités, ils ont été classés en 2 groupes :

1) correctement vaccinés (n = 130) car ayant reçu le même vaccin avec des intervalles de 1-3 mois entre la 1ère et la 2ème dose et 5-12 mois entre la 2ème et la 3ème dose pour les vaccins monovalents ou les combinés A/B et 1-3, 1-3 et 6-18 mois pour les vaccins hexavalents :
2) incorrectement vaccinés (n = 102) ; dans ce 2ème groupe, dans 70 cas le schéma vaccinal n’avait pas été respecté, dans 32 cas la même marque de vaccin n’avait pas été utilisée.

Perte d’immunité dans la moitié des cas après 6 à 14 ans

Des taux d’anticorps ≥ 10 UI/L ont été trouvés pour 53,1 % des sujets du groupe 1 (20 % ayant des taux ≥ 100 UI/L) contre 45,1 % du groupe 2 (14,7 % avec des taux ≥ 100 UI/L. Dans le groupe 2, 26/32 sujets immunisés avec un calendrier vaccinal correct mais avec différentes marques avaient une moyenne géométrique (MG) d’anticorps supérieure aux 76 autres : 15,7 UI/L vs 6,8 UI/L. Sur les 117 participants avec des anticorps <10 UI/L, 99 ont eu un rappel (groupe 1 : 51, 2 : 48) : 91 (92 %) ont présenté une réponse anamnestique avec une MG de 424 UI/L dont 5 n’ont atteint des taux que de 10 à 20 UI/L. Les 8 autres dont les taux sont restés < 10UI/L avaient avant le rappel des concentrations < 1UI/L. Dans le groupe 1, les taux avant rappel étaient inversement corrélés au temps écoulé depuis la dernière vaccination. L’immunité cellulaire évaluée par détection de l’IFN γ et l’IL5 n’était mise en évidence que chez 5 % des sujets avant le rappel et 30 % après.

En conclusion
Dans les conditions réelles près de la moitié des vaccinés ont perdu leur immunité 6 à 14 ans après vaccination précoce ; 90 % d’entre eux répondent bien à un rappel durant l’adolescence. A long terme, la mémoire immunitaire pourrait disparaître.